En Suisse, les personnes en situation de handicap demeurent encore largement exclues

Pro Infirmis, suite à une première édition en 2023, a publié pour la deuxième fois son Indice d’inclusion. Le constat est préoccupant : selon la faîtière, peu d’améliorations sont à relever depuis 2023 et « des obstacles considérables continuent d’entraver l’inclusion et la participation à part entière dans de nombreux domaines de la vie. Environ quatre personnes sur cinq déclarent se sentir fortement exclues dans au moins un domaine de la vie. Parmi les dix domaines analysés, la politique, le travail et la mobilité apparaissent comme les secteurs où l’exclusion est la plus marquée.

L’indice de Pro Infirmis a été établi à partir d’une enquête par questionnaire auprès de 2200 personnes en situation de handicap. Les questions visent à établir le degré d’inclusion des répondant·es dans les domaines de la formation, du travail, du logement, de la mobilité, des loisirs, des relations sociales, de la santé, de la politique, de l’information et la communication, et du droit. Les résultats sont indiqués en fonction des critères d’âge et de sexe, par région et par type de handicap. Ils montrent que les limitations varient fortement en fonction du type de handicap et que l’exclusion tend à s’aggraver lorsque plusieurs facteurs de discrimination se cumulent, tels que l’âge, le sexe ou la nationalité, selon un principe d’intersectionnalité.

Concernant le handicap psychique, cette enquête met en évidence des discriminations particulièrement marquées que PMS association romande dénonce régulièrement : 82% des personnes interrogées vivant en situation de handicap psychique estiment avoir de faibles chances d’accéder au marché primaire de l’emploi, 71% ont fait face à des empêchements pour suivre une formation initiale ou continue, et 67% considèrent que leur candidature à une fonction publique est limitée par de nombreux obstacles.

En réponse à cette réalité, il est difficile de comprendre que le Conseil fédéral, bien que la Suisse se soit engagée il y a 12 ans à œuvrer pour l’inclusion en ratifiant la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), oppose un contre-projet largement insuffisant à l’initiative pour l’inclusion.